L'ère vache




La célèbre grande vache noire de la grotte de Lascaux
Qu'elle est longue, l'histoire des bovins, depuis le terrible aurochs qui fascinait déjà l'homme préhistorique jusqu'aux paisibles ruminantes qui peuplent nos vertes campagnes ! C'est ce récit qu'a choisi de conter l'équipe des musées de Wéris, parce que Wéris est en Famenne, terre ancestrale d'élevage, mais aussi parce que, vu l'actualité de ces dernières années, il y a lieu de s'interroger à propos de la mainmise toujours accrue de l'homme sur la nature, et peut-être aussi parce que, de plus en plus, les petits citadins ignorent que le bon lait qu'ils boivent sort du pis d'une vache !


Des petits (et des grands) citadins qui en apprendront, des choses, en visitant cette exposition. Ils verront ainsi, par les apports de l'archéozoologie notamment, comment l'homme devenu sédentaire, agriculteur et éleveur, a domestiqué cet aurochs primitif, créant là une relation très étroite avec les bovins.

Car que ne lui ont-ils apporté, ces bovins ? La viande et le lait pour leur alimentation, mais aussi quantité de produits fabriqués avec la peau, les os, les tendons, les poils, la graisse, les excréments, sans oublier leur énergie et leur force utilisées dans les travaux des champs.

On verra l'évolution des races, à travers l'arbre généalogique, la transformation génétique des animaux, la disparition de l'ancêtre sauvage au 17eme siècle, la différenciation entre laitières et viandeuses, et, au 19e siècle, la révolution agricole : réorganisation de l'élevage, amélioration de la race bovine, sélection, pour en arriver à la course à la rentabilité.
La limousine, une belle race rustique



Le blanc bleu belge, produit de la génétique du 20e siècle
L'après-guerre constituera un tournant avec une spécialisation toujours plus poussée, le progrès des sciences et des techniques (l'art vétérinaire, la génétique), l'apparition, voire la création de nouvelles races comme le blanc bleu belge

Et, partant des secousses qu'a connues le monde agricole (maladie de la vache folle), une réflexion sur l'avenir, peut-être une sorte de retour à la case départ avec la réapparition de vaches plus rustiques
.

Mais l'exposition ne se contentera pas d'explorer les aspects archéologiques et scientifiques, tant il est vrai que la vache et les bovins se retrouvent dans de multiples domaines.

Ainsi en est-il des mythes et religions. L'aurochs est souvent représenté sur les parois des grottes : sans doute faut-il y voir une dimension sacrée. Très tôt en effet, la spiritualité de l'homme semble dominée par un couple : la Terre Mère, élément féminin, dont le pendant masculin est le dieu-taureau. Ce dieu-taureau qu'on retrouve dans pratiquement toutes les civilisations de la Méditerranée et de l'Orient, culte qui est né alors que l'humanité vivait à l'ère du Taureau (à l'équinoxe de printemps, le soleil pointait dans la constellation du Taureau, une des plus anciennes à avoir été identifiée).
Le taureau Apis était vénéré parr les anciens Egyptiens



Le taureau Nandi, la monture de Shivah chez les Hindous
Agressivité, fougue indomptable, fécondité inépuisable, tels sont les attributs du taureau, qualités que l'homme donne aux plus grands dieux, ou que les souverains s'approprient pour asseoir leur légitimité. La mythologie grecque est aussi pleine de bovins, à commencer par le terrible Minotaure caché au fond du labyrinthe.


La vache n'est pas en reste : qui ne connaît la vache sacrée indienne, qui donne du fil à retordre à Milou et au capitaine Haddock dans les aventures deTintin ? Qui ne connaît Hathor, archétype égyptien de la grande déesse vache, pourvoyeuse de bienfaits et mère du monde, que l'on trouve dans bien des civilisations ? Que dire du bœuf de la crèche, du taureau de saint Luc, du Veau d'or adoré par les Hébreux ?

Aujourd'hui, la vache est restée un sujet d'inspiration inépuisable, des peintres animaliers aux auteurs de BD. Certaines sont d'authentiques vedettes, comme Marguerite, compagne de Fernandel dans "La vache et le prisonnier", comme La Vache qui rit ou encore la vache Milka, toute de mauve vêtue.


Pour expliciter tout cela, des panneaux didactiques bien sûr, mais aussi une multitude d'objets, dont une vache pie-noire naturalisée présentée dans une reconstitution d'étable d'autrefois, un squelette et une tête naturalisée d'aurochs, de nombreux ossements et parties d'animaux, des pièces en rapport avec l'élevage et l'art vétérinaire ainsi qu'avec la mythologie ; une quantité de documents les plus divers : vieux traités de médecine vétérinaire, anciennes photos et cartes postales, affiches ou médailles de concours, œuvres d'art, etc.

Un programme d'animations pédagogiques est spécialement destiné aux groupes scolaires et de jeunes.

L'exposition est ouverte du 26 mars 2005 au 9 janvier 2006, au Centre d'Exposition, Place de la Pierre à Wéris .

Heures d'ouverture : chaque jour, de 10 h à 17 h30 (fermé les 1er novembre, 25 décembre et 1er janvier).

Entrée :
Adultes : 3 euros
Seniors, étudiants : 2,5 euros
Enfants et groupes : 2 euros

Visite guidée : 20 euros (20 personnes maximum).

Renseignements et réservations pour les visites guidées :
Musée des Mégalithes (tél. 086/21.02.19.) ou Centre d'Exposition (tél. 086/21.33.14.) à Wéris. Fax : 086/21.00.69.


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